ma petite actualité

mais combien de temps

dure vraiment l'actualité

aujourd'hui est un nouveau jour de plus

Juste vous dire la joie qui est la mienne, de voir ce texte, LA VIE À L'USAGE, être publié par les Éditions Lanskine, et la belle rencontre que cela suppose avec Catherine Tourné, que je remercie du fond du coeur

et si vous avez envie d'entendre un extrait de ce texte, filmé par Antonio Catarino, c'est ci-dessous : 

https://www.youtube.com/watch?v=7Za8p-AUWic

 

et puis une chose encore, j'aimerais profiter de cette fenêtre ''actualité'' pour remercier ici Sabine Huynh, pour le très bel article qu'elle a écrit sur mon travail : 

https://diacritik.com/2016/07/18/manuel-daull-mots-mis-bout-a-bout-en-eaux-durassiennes/

à propos de Toute une Vie bien Verticale,    par Cécile Guivarch

Manuel Daull donne la parole à diverses voix. Une femme  vit dans une cité, un homme prend le train chaque jour, une femme, née de la guerre, n'a jamais connu son père, un homme va à la caisse d'allocations familiales, un étudiant nomade, etc. Des voix multiples surgissent avec force dans l'écriture de Manuel Daull. Elles puisent au fond des femmes, des hommes, ses racines, son être, son mal être, ses forces et ses fragilités. Ces voix sont profondément humaines, à la fois blessées par la vie, blasées par le quotidien et elles cherchent à se raccrocher à ce qui les raccrochent à la vie : l'amour. Elles vont au rythme des trains, traversent les paysages, toujours en mouvement. Elles sont diverses et pourtant se croisent, se relient dans la langue. L'Art d'Habiter sa vie dépend du lieu où l'on habite. Les souvenirs, les racines, les rencontres, le rapport à l'autre et aussi les zones d'ombre influent sur la façon dont on habite son corps. Le lecture lit ce livre, il est saisi par l'intensité de chaque phrase, il est ému à chaque page. L'écriture est intense, en mouvement, jamais immobile. Vivre dans la cité c'est "bâtir son espace". Manuel Daull donne la parole à ces personnes qui ont dû quitter leur terre d'origine, pas toujours délibérément. Le poids de l'exil, des racines ou des accidents de parcours dans la vie, revient souvent dans ses lignes. Pourtant, cette femme dit "je m'adapte au béton qui m'entoure",  "nos corps même ne nous appartiennent plus", "où sont tes arbres qui te servaient de racines comme de parapluies", "le bonheur n'était pas prévu dans le cahier des charges".

 

L'architecture des cités, à la verticale, est confrontée à "l'architecture intérieure" : comment se bâtir de l'intérieur selon le monde où l'on vit. Petit à petit le lecteur a l'intuition que l'architecte dans ce livre, c'est Manuel Daull. Il construit au fil des pages un livre de vie, donne la parole à ceux qui ne l'a prennent que rarement. Il observe et dit sans détours, la vérité de la vie dans les cités et aussi celle des personnes qui prennent le train chaque jour pour aller travailler. Il façonne ce livre, tour à tour architecte et maçon. Il nourrit une réflexion sur ce qui nous bâtit.  Il nous fait voyager, nous montre d'autres paysages.

 

"Quels sont les lieux que nous avons habités vraiment - je veux dire, quels espaces avons-nous vraiment remplis de notre présence au monde".

 

Les photographies traversent également les paysages, ne restent pas dans l'immobilité et rejoignent avec harmonie l'écriture de Manuel Daull. Une langue rare que celle de Manuel Daull. Un geste d'écriture profondément humain. Un auteur qu'il faut découvrir. D'urgence.