ma petite actualité

mais combien de temps

dure vraiment l'actualité

aujourd'hui est un nouveau jour de plus

Juste vous dire la joie qui est la mienne, de voir ce texte, LA VIE À L'USAGE, être publié par les Éditions Lanskine, et la belle rencontre que cela suppose avec Catherine Tourné, que je remercie du fond du coeur

et si vous avez envie d'entendre un extrait de ce texte, filmé par Antonio Catarino, c'est ci-dessous : 

https://www.youtube.com/watch?v=7Za8p-AUWic

 

et puis une chose encore, j'aimerais profiter de cette fenêtre ''actualité'' pour remercier ici Sabine Huynh, pour le très bel article qu'elle a écrit sur mon travail : 

https://diacritik.com/2016/07/18/manuel-daull-mots-mis-bout-a-bout-en-eaux-durassiennes/

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Extraits :

 

 

( ... )           je ne suis pas collectionneur, mais j’accumule les objets — je cumule les erreurs comme une petite collection de situations d’apprentissage, se contredire sans cesse — je dis souvent le contraire de ce que je fais, pas toujours vrai — j’ignore ce qu’est la vérité, mon ignorance ne m’empêche pas de vivre — j’ignore tant de choses, ce qu’est la vie aussi — continue-t-on d’apprendre ce que l’on sait déjà       ( ... )

 

( ... )   j’ai deux métiers, je ne sais pas quel est le premier des deux — l’idée de priorité m’épuise plus qu’elle me dépasse — en voiture je suis devenu prudent, surtout depuis que je prends le train — trop de mots tuent la parole — la parole efface souvent ce qu’elle vient de dire — voyez- vous ce que je tente de vous dire — le froid souvent déforme mes paroles autant qu’il me tord la bouche — on entre comme nu dans l’hivers tellement il y fait froid — le froid est un moteur des rêves — je n’ai jamais réussi à définir le réel — jamais réussi à définir quoi que ce soit en fait, sauf quelques faits — les faits sont des informations en costume du dimanche — j’ai envie parfois d’avoir toute la semaine des vêtements sous forme de multiples       ( ... )

 

  ( ... )         je n’ai aucun don particulier, un don pour la vie encore moins — les notions de plus et de moins sont relatives — je suis relativement angoissé à l’idée de réfléchir à ce qui m’angoisse — je n’ai jamais vu de serpent se mordre la queue, des chiens oui — mon chien est une chienne et s’appelle Louna, L.O.U.N.A. je devrais l’écrire L.U.N.A. — phonétique est un mot que je n’aime pas dire mais que j’aime bien écrire — écrire et dire dans le même geste — je suis fasciné par le concept de geste — j’aimerais savoir manier les concepts avec élégance — les dandys meurent-ils toujours avec le siècle qui les a vu naître — que penser du rôle du paysage dans notre construction — a-t-on construit des phares / pour parler aux poissons / un langage lumineux — l’altérité inhibe la solitude — la solitude même vécue est une vue de l’esprit — de la photographie de l’absence sûrement — du hors cadre — hors champs — de la nature et quelques notes me font penser à Gilles A. Thibergien — je pense souvent aux livres que j’aimerais relire — je lis souvent les livres de travers, pour deux ou trois phrases que j’oublie quand elles me plaisent       ( ... )

 

    le cinéma est pour moi autre choses que deux personnes qui se parlent devant une caméra

 

   ( ... )         à propos de drawning by numbers, P. Grenaway me confiait que ses cauchemars de noyade lui venaient de difficultés digestives — je ne suis pas doué pour la fiction, pour pas grand chose en fait — j’ai souvent un bloc de ciment dans le ventre mais mon poids ne change pas — il est des choses invisibles et pourtant trop lourdes à porter — des sacs trop lourdement chargés m’allongent les bras — je ne m’aime pas trop physiquement — je me suis souvent demandé si notre silhouette était à l’image de notre sculpture en creux intérieure — l’océan pour parler d’image n’est pas le reflet des fonds marins — ma vie d’enfant a été longtemps souterraine, je pourrais dire intérieure à la place — les fondations de nos maisons aussi profondes soient- elles ne servent qu’à soutenir — que mes jambes me portent aussi loin qu’il le faut me rassure, de quoi traverser la ville — sortir de la ville c’est trouver un autre rythme — l’effort qu’il faut faire pour ne pas être en apnée toute la journée durant — les jours s’enchainent comme un collier de perles j’enfile — les mots pareils qu’ils faut poser mieux que des valises — arrêtera-t- on un jour de camper à l’intérieur de nous comme en survie — les belles cabanes qui nous faisaient rêver, donnent encore une fois du relief — qui ici bas brille par son ignorance de la hauteur mérite s’il ne s’agissait que d’art, et seulement écrit ça pour le M.A.M.C. de Strasbourg — l’idée du musée plutôt qu’un cabinet de curiosité, un reliquaire m’apparait — j’aime les lieux communs dans tous les sens du terme — rester longtemps quelque part / ailleurs que chez moi / me laisse penser que je suis chez moi — je suis une forme molle qui ne se dégonfle pas — je ne sais pas ce que c’est que le courage — je connais la peur — je connais le noir — je n’ai pas peur dans le noir — lorsque je dors peu je suis souvent dyslexique, voire même un peu bègue — par bribes je suis un peu bègue à défaut d’être suffisamment muet    ( ... )

 

 

 Compostelle / à pieds / ça fait loin