ma petite actualité

mais combien de temps

dure vraiment l'actualité

aujourd'hui est un nouveau jour de plus

Juste vous dire la joie qui est la mienne, de voir ce texte, LA VIE À L'USAGE, être publié par les Éditions Lanskine, et la belle rencontre que cela suppose avec Catherine Tourné, que je remercie du fond du coeur

et si vous avez envie d'entendre un extrait de ce texte, filmé par Antonio Catarino, c'est ci-dessous : 

https://www.youtube.com/watch?v=7Za8p-AUWic

 

et puis une chose encore, j'aimerais profiter de cette fenêtre ''actualité'' pour remercier ici Sabine Huynh, pour le très bel article qu'elle a écrit sur mon travail : 

https://diacritik.com/2016/07/18/manuel-daull-mots-mis-bout-a-bout-en-eaux-durassiennes/

page en construction

Sans Maintenant / Dernier Télégramme / 2011

Extrait :

( ... ) 

           je suis souvent, comme ces animaux qui pas après pas, tracent leur propre sentier — si je ne devais garder qu’une chose en mémoire, ce serait ça — garder juste l’idée d’un sentier tracé de mes pas sur le sol — de mes pas seuls — de mes pas sans lui, qui marquent le sol de leur passage — depuis que nous sommes deux, je ne me rappelle pas être sorti des chemins, des routes ou des sentiers, pour arpenter la lande — les routes que nous empruntons, d’usure, portent la trace de milliers de passants, passeurs, passagers, piétons — hommes, femmes, enfants, animaux, charrettes à bras ou tirées par des boeufs ou des chevaux, troupeaux {toute la liste des animaux, je devrais tenir} — j’aime cette image des voitures à cheval, même si je sais qu’en ces temps de voitures automobiles, ce n’est plus guère d’actualité — je me rappelle du bruit des sabots, et des roues ferrées, sur les pavés de mon pays d’origine — de l’odeur du crottin, dans les rues de la ville, c’est inimaginable aujourd’hui — je me souviens, combien les sentiers à peine carrossables, étaient marqués de ces passages répétitifs, des calèches, buggies, diligences et autres charrettes                ( ... ) 

( ... )              la nuit, je rêve que seul, j’arpente la lande entre un point A et un point B, qui devient alors mon point d’origine quand je rebrousse chemin — mon point A, dès que je me retourne pour revenir sur mes pas, en direction d’un point B, que je connais déjà — elle est là ma théorie de la relativité — juste dans cette relative fragilité, de la direction dont dépend le sens, {au sens propre je préfère} de tous transports d’un point A d’origine, jusqu’à un point B d’arrivée — d’autant plus fragile, si l’objet même de ce trajet, devient le transport lui-même, {le déplacement autrement dit} qui ne s’arrête alors plus — dont l’objet, au-delà de compter les pas qui séparent le point A du point B, et inversement, {est-ce alors la même durée dans un sens et dans l’autre} est d’annuler ces notions d’origine et d’arrivée, de A et de B, juste de marquer le sol, de ces déplacements répétitifs — une sorte d’écriture, en quelque sorte à raz du sol, qui le marque et le transforme — qui en transforme sa géographie, son relief — pour ça, dans mon rêve, marchant sur un sentier qui traverse la lande, j’oblique sans choix particulier, dans une direction aléatoire, jusqu’à ce qu’un obstacle {trou, ravin arbre, arbuste, nouveau sentier, cabane de berger, bête morte ou, humain mort ou dormant simplement}, m’arrête dans mon avancée — je me retourne alors, et reprends la direction d’où je suis parti, jusqu’à retrouver le sentier d’origine et rebelotte, je repars dans l’autre sens, et ainsi de suite, toute la nuit durant de mon rêve — toute la nuit durant, je marche dans mes pas, et ceux d’avant avant eux, les mêmes pas pourtant, mes pas — toute la nuit durant, s’il me laisse dormir, je parcours la lande, à quelques centimètres près le même trajet — je foule l’herbe rase de mes pas lourds, mes godillots, à force couchant l’herbe menue, qui ne se relève plus  — comme une abdication l’herbe reste au sol, et moi je m’oublie dans la contemplation de mes pieds, allant et venant sous moi {la belle machine qui m’émerveille}, traçant petit à petit, ce que j’appellerais un sentier à force — un sentier connu par aucune carte — un sentier, qui n’existait pas le jour d’avant, et qui aura disparu le temps que l’herbe repousse après mon passage , comme moi j’aurai aussi disparu — aussitôt réveillé, mon rêve envolé, mon sentier avec lui, je me remets en marche, en me disant qu’il s’agira de mon travail de la nuit prochaine — attendant, juste le moment de m’être débarrassé de l’autre, pour accomplir mon grand oeuvre — un sentier parti de nulle part — allant nulle part, et donc arrivant nulle part — qui part de rien, pour ne jamais arriver, même s’il n’y a que moi à lui trouver du sens — mon travail de la nuit, sans lui, aussi parfait qu’une bête sauvage par habitude l’aurait tracé

( ... )

Sans maintenant à fait l'objet de plusieurs présentation, une à eu lieu au Théâtre Bacchus à Besançon, qui mêlait les voix de F. Cosnier, de S. Nourine, de  L. Ucciani au Saxophone de N. Pehlate ( http://frederiquecosnier.wordpress.com/lectures/sans-maintenant-manuel-daull/ ) l'autre dans le cadre du Festival des Caves à Besançon toujours, sous la forme d'une lecture de Murielle Racine.