ma petite actualité

mais combien de temps

dure vraiment l'actualité

aujourd'hui est un nouveau jour de plus

Juste vous dire la joie qui est la mienne, de voir ce texte, LA VIE À L'USAGE, être publié par les Éditions Lanskine, et la belle rencontre que cela suppose avec Catherine Tourné, que je remercie du fond du coeur

et si vous avez envie d'entendre un extrait de ce texte, filmé par Antonio Catarino, c'est ci-dessous : 

https://www.youtube.com/watch?v=7Za8p-AUWic

 

et puis une chose encore, j'aimerais profiter de cette fenêtre ''actualité'' pour remercier ici Sabine Huynh, pour le très bel article qu'elle a écrit sur mon travail : 

https://diacritik.com/2016/07/18/manuel-daull-mots-mis-bout-a-bout-en-eaux-durassiennes/

Chosification / Texte pour Nicolas Schneider / 1997

Chosification (un cycle d’eau)

 

            Chose n.f. (lat.causa). Tout ce qui est :

 

Il n’y a pas de mystère juste une chosification – après l’idée comme une
Transformation du mot en la matière – un travail sur l’eau.


L’histoire d’un cycle de l’eau – de sa verticalité à l’horizontalité du propos de cet homme – naturaliste ou pas – la mort par évaporation, lente.


Le ruissellement de son regard sur le monde – une géographie de l’eau courante ou non – de l’eau qui dort dans son travail à la recherche de paysages photographiques – et la précision de son langage.

 

Postulat 1/ chose n.f.  (lat. causa). Evénement météorologique – qui ce caractérise par la verticalité du propos.

 

            C’est le commencement du cycle – ce  qui tombe du ciel sans mysticisme – sans croyance autre que la connaissance des lois de la gravitation – la verticalité de ce qui est et les théories de Newton comme ancrage de cette étude – ici commence aussi l’idée de trajet avant que la transformation n’intervienne.

 

Postulat 2a/ chose n.f.  (lat. causa). Courante – dont le débit varie selon les saisons et /ou les événements météorologiques – se caractérise par l’horizontalité et la rapidité de son propos.

 

            On oublie l’homme pour l’instant – juste le trajet – Il n’y a pas encore son mot à dire, quoique – bien loin de nous déjà le paysage primitif – la belle forêt – le cours naturel des rivières – les fleuves, pareil – on cherche une nouvelle forme de paysage.
On s’intéresse à la notion de mouvement – la déclinaison des terrains a une incidence sur le débit, pas sur l’horizontalité de ce qu’est le plan – plusieurs variantes même à cette notion de plan :

 

Postulat 2b/ chose n.f.  (lat. causa). Là où converge chaque chose – se caractérise par le mouvement de ses marées et les tempêtes de son propos.

 

            Une histoire d’échelle différente -  de mouvement aussi et l’influence des astres – la salinité en plus et forcément d’une plus grande évaporation – on se rapproche.

 

Postulat 2c/ chose n.f.  (lat. causa). Fruit d’un événement météorologique – se caractérise par le coté éphémère de son propos.

 

            On se rapproche du travail de l’homme par l’évaporation d’abord – par la taille de ce terrain de jeux, là aussi – pour le reflet à portée de main et la taille humaine de ce paysage rapporté de l’eau qui dort – qui s’évapore.

 

Postulat 3/ chose n.f.  (lat. causa). Log. Proposition vraie qu’elle que soit la valeur de vérité de ses composants.


Et 4/ chose n.f.  (lat. causa). Se dit d’un médium ou d’une tentative par ce médium de rendre compte du réel.

 

            C’est à la foi simple de faire cette proposition toujours vraie – et trop simple d’utiliser un appareil pour rendre compte de ce qui est – trop pour fixer les belles images de paysage imaginées par cet homme là – pas d’appareil mais l’utilisation de ce que détient chaque appareil – le joli phénomène optique qu’on crée pas ex nihilo – un passage obligé et symbolique de l’appropriation – d’un regard particulier aussi – ingénieur de ces propres outils – matériaux.

 

Postulat 4/ chose n.f.  (lat. causa). Matériau obtenu à très haute température par la transformation du sable – se caractérise par la transparence et la fragilité de son propos.

 

          Le territoire est connu – le vécu de l’homme dans sa région d’origine — une région qui parle de cette compétence par la fusion d’élément – du mélange du froid et du chaud en dehors des saisons – l’histoire de la pâte informe à laquelle on donne une forme – un matériaux qui se prête à une réflexion sur la forme justement ; dans le paysage du solide au liquide (ou presque) et réciproquement – la belle transmutation de l’opacité à la transparence – aux reflets même  de cette transparence – à l’idée de paysage en somme – l’appropriation par l’homme de son milieu.

 

Postulat 5/ chose n.f.  (lat. causa). Se dit en terme de généralité et caractérise ce qui est, ex : Nicolas Schneider parle de choses quand d’autres parlent d’objets, voire de produit.

 

        Il parle de choses et il tient à ce vocable là – ce sont ses propositions pour dire ce qui est – des nomenclatures entières – le mot étiquette et la belle famille choisie dans le registre de l’eau – un jeu où chacun cherche l’intrus.

 

         Le grand recensement est commencé – il emprisonne ce qui court – ce qui dort et fait parler le bestiaire du Littré – le sien aussi dans une cartographie du monde des éléments liquides – on pourrait croire que des hommes et des femmes courent le monde pour lui rapporter de précieux échantillons – personne n’assiste aux expérimentations – pas de petit Grégory pourtant dans ce travail d’artiste – plutôt la matière à constituer un album – à sa manière de détourner il construit des barrages pour voir naître de nouveaux paysages entiers il emprisonne – il passe de l’idée à l’objet et c’est son travail – il chosifie.

 

Postulat 6/ et dernier de cette étude.


            Chosification n.f. transformation de concepts, d’idées, etc. en objets concrets.

Un chosificateur en somme.