ma petite actualité

mais combien de temps

dure vraiment l'actualité

aujourd'hui est un nouveau jour de plus

Juste vous dire la joie qui est la mienne, de voir ce texte, LA VIE À L'USAGE, être publié par les Éditions Lanskine, et la belle rencontre que cela suppose avec Catherine Tourné, que je remercie du fond du coeur

et si vous avez envie d'entendre un extrait de ce texte, filmé par Antonio Catarino, c'est ci-dessous : 

https://www.youtube.com/watch?v=7Za8p-AUWic

 

et puis une chose encore, j'aimerais profiter de cette fenêtre ''actualité'' pour remercier ici Sabine Huynh, pour le très bel article qu'elle a écrit sur mon travail : 

https://diacritik.com/2016/07/18/manuel-daull-mots-mis-bout-a-bout-en-eaux-durassiennes/

page en construction

texte pour un Portrait de Fabrice Caravaca, dans la revue Mange-Monde, 2013

 

le premier contact que j'ai eu avec Fabrice, c'est l'éditeur que j'ai rencontré — j'étais libraire et il nous a appelé pour nous demander de prendre ses livres en dépôt — au téléphone il m'a expliqué son projet d'édition — je lui ai immédiatement proposé de lui faire lire des textes, j'ignorais alors qu'il écrivait lui aussi — Je lui ai adressé trois textes, dont un qui a retenu son attention, mais pas suffisamment pour qu'il le publie — il m'en a fait une belle critique, mais pour lui Dernier Télégramme, n'était pas le lieu — on se parlait régulièrement au téléphone pour faire le point sur le dépôt (entretemps il avait publié Action Writing de Sylvain Courtoux, l'éternité, l'éternité de Christophe Manon et létika klinik d'Edith Azam) — jusqu'au jour où, peut-être un an après sa réponse négative, il m'a appelé en me demandant si le texte qui l'intéressait était toujours libre, me disant qu'il ne savait pas pourquoi il me l'avait refusé, qu'il s'était trompé et que ce texte continuait à l'habiter — je me souviens d'une seule chose, j'ai pensé que j'avais de la chance et que mon travail ne serait jamais aussi bien défendu que par quelqu'un capable de cette honnêteté intellectuelle-là — pour moi l'écriture se doit toujours d'être une expérience partageable et ça à bien des niveaux, que ce soit intellectuellement mais tout autant humainement, politiquement — je ne sens que de la porosité dans le réel, rien ne différencie la vie de l'art et rien ne vaut si ce n'est pas partagé — j'avais le fantasme de rencontrer une maison d'édition comme une famille, un lieu commun, des gens, des formes, un questionnement commun sur les langages poétiques,  sur ce qu'est la vie aussi — Fabrice fédère tout ça, au point qu'aujourd'hui Limoges est devenu pour moi  une terre d'asile, un refuge — Duras disait : "… nous sommes-là. Là où se fait notre histoire  …" je sais que mon histoire se construit là aussi,  peu importe où avec lui, avec ceux qui l'accompagnent, dans une fraternité bien réelle — il est celui que je peux appeler à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit — du bout du monde, sur les genoux il viendrait jusqu'à ceux qu'il aime, pour les porter — et si je parle de cet aspect-là, c'est que sa générosité se porte autant sur les personnes, que sur la défense de leur travail,  au détriment du sien souvent, l'engagement que cela représente m'inspire un grand respect —  reste l'auteur que je n'ai pas encore évoqué — c'est un immense poète, lui vous dira parfois en fin de soirée qu'il est le plus grand poète vivant et ce n'est pas faux (on se fout que ce soit vrai) — il est celui qui alors que je travaillais sur Beckett m'a autorisé à le faire, juste par la lecture d'un Corps Contre la Terre et je ne connais pas de messages d'amour plus inspiré que La Vie — que ceux qui ne l'ont pas lu le lisent, et que ceux qui ne l'ont pas entendu lire ses textes en public, courent l'entendre, il est vivant, vivant je vous dit, cet homme est vivant !!! debout parmi les siens, les humains — il donne sens à la phrase si vraie de Filliou "… l'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art…¨ l'homme comme ses écrits — il rend la mienne riche et pleine de sens, de grâce, avec lui, je lui dois beaucoup — qu'hommage lui soit rendu, terminer donc par un petit texte que j'avais écrit pour lui à l'occasion d'une invitation à ses côtés, à Nantes 

 

Brutal/suite 12

train

train qui/train quitrain qui/train qui

qui tra_ qui tra_  qui tra_

tra_tra_ tra_tratraaaa__verse   qui traverse

laaaaaaa   la/la la/la  laaaaaaa nuit

 tra/tra tra/tra tra/tra_traverse la/la la nuit

à la/à laà la/à laà là lu_/à la lu_

laaa lu_/la lu_la lu_/la lu_/ la lu_

la_laaaa luuu_mière

_mière/de

_mière/de

À   LA   LU____    _MIÈRE   DE   POUND

c'est ça/c'est ça/c'est ça 

de Pound/de Pound

d'Ezra/d'Ezra d'Ezra Pound

 

FAIRE SILENCE

{  regarder le public dans les yeux— chercher des yeux dans la salles — souffler lentement mais avec bruit — et prendre une grande respiration — recommencer plusieurs fois — chaque fois accompagner la respiration de grands geste des bras — avec le corps qui se penche vers l'avant 

et se redresse au maximum }

REPRENDRE

Ezra Pound 

et la/et laet la/et laet la/et la

et laffffffffff_et laffffffffff

et la froide

ta_/ta_ta_/ta_ 

tapi_ tapi_tapi_ tapi_

tapi_ tapi_tapi_ tapi_

TA___  PI___  SSE___  RIE

des/des   des/des 

 des/des   des/des

des Can_ /des Can   des Can_/des Can_    

  des Can_/des Can_     des Cannnn_ des Cantos

 

co_co/co_co

{ CRIER FORT }

corps !!!!!!

corps/cou_ corps/cou_ 

corps/cou_ corps/cou_ corps courant

sans tê_ sans tête

et pourrrr_tant

RÉ___   _FLÉ___    _CHI___     _SSANT

cette/cette

cette pâle/cette pâle 

cette pâle/cette pâle

lu_lu _/lu_lu_    cette pale lueur

miroir

mi_mi/mi_mi miroir

du du/du du jour 

du jour_qui 

du jour_qui

vient

assss_/assemblage

a_a a-a assem_ assem____blage

épa_ épa_ épa_épars  épars de peaux tannées 

que/que  que /la femme d’Homère

femme/d’Ho_

femme/d’Ho_

femme d'ho_/Oooooo_

RALENTIR

{ regarder ses pieds, mouvement de la tête comme suivant l'onde, qu'importe le sens du courant }

REPRENDRE TRÈS LENTEMENT

blan_blanche Oooo_phélie

n’arrête pas/n’arrête pas de

de_dé_ de_dé_ 

de défaire

entre_ entre_ entrepren_ /entrepren_

_prend_/_prend  _prend_/_prend

_prendras/_prendras  entrepren_/ entrepren_

prendras    tu

Kaaaaaa

Ka_/Ka    Ka_/Ka_    Ka_Ka_    Kama_

Kamarad

le voy_ le voy_le voy_

le voy________yage

menant/menant

 menant au

au jour_quiiiiii

qui_qui

qui_qui

qui_qui vient

mais_n’a_

mais_na_

n’arrivera pas

 

VOIX POSÉE, NORMALE

 

{  le jour c'est aussi la nuit pour moi — toi tu le sais et moi je sais que tu seras là  }