ma petite actualité

mais combien de temps

dure vraiment l'actualité

aujourd'hui est un nouveau jour de plus

Juste vous dire la joie qui est la mienne, de voir ce texte, LA VIE À L'USAGE, être publié par les Éditions Lanskine, et la belle rencontre que cela suppose avec Catherine Tourné, que je remercie du fond du coeur

et si vous avez envie d'entendre un extrait de ce texte, filmé par Antonio Catarino, c'est ci-dessous : 

https://www.youtube.com/watch?v=7Za8p-AUWic

 

et puis une chose encore, j'aimerais profiter de cette fenêtre ''actualité'' pour remercier ici Sabine Huynh, pour le très bel article qu'elle a écrit sur mon travail : 

https://diacritik.com/2016/07/18/manuel-daull-mots-mis-bout-a-bout-en-eaux-durassiennes/

De la Dentelle Diraient Certains..

texte pour accompagner le travail de Rubbish

tous droits réservés: Rubbish

"De la dentelle diraient certains"

 

 

Dans le passage du pochoir au papercut, Rubbish confronte notre regard à une autre approche de l'intervention urbaine, qui fait que justement notre perception de la révélation iconographique, dans la technique même du travail, nous semble différente et qu'elle met à jour je crois une plus grande réceptivité du sujet traité.

Ici il est question de partir d'une image existante, de la reproduire par le dessin en grand format sur ce papier extrêmement fin, de poursuivre le dessin par une sorte de remplissage sous forme de lignes topographiques pour accentuer le contraste entre les différentes zones et de conserver les aplats vierges pour le reste. De procéder ensuite de façon minutieuse à l'évidement de ces zones pour parvenir après des heures à une dentelle de papier qu'il peindra enfin. La peinture laissant apparaître l'image finale à encoller.

On pourrait s'attarder au choix même des images, j'allais dire d'origine, comme effacées puis révélées à nouveau, comme remise au monde, au sens propre, puisqu'il s'agit d'un don éphémère. Cette nouvelle naissance trouvant sa forme finale dans l'encollage et donc sa perte au gré des rues ou des monuments de la ville.

On devrait encore dire que ces papercuts pour l'instant, nous parlent tous du vieillissement. Le traitement de Rubbishaccentuant la géographie de ces visages, les pleins/ les vides, les creux/ les rides, les crevasses comme autant de marques du temps, nous rappelant peut-être la noblesse ou la dignité de ces gens, renforcées sûrement par le choix et le travail du matériau. Pauvre au départ, simples feuilles de papier, superposées, dentelle d'une finesse extrême et précieuse à l'arrivée. 

On pourrait parler de la symbolique sous-entendue par ce choix et faire de la psychologie de cuisine, dire par exemple l'accent mis par l'artiste pour attirer notre attention sur la richesse de ces vécus-là, leur préciosité dans notre paysage, dans nos sociétés ou l'on ne cherche plus qu'à les cacher, qu'à s'en débarasser et à quel point on devrait en prendre soin. Combien de choses encore on pourrait dire que ces apparitions, ces confrontations provoquées par Rubbish réactivent dans notre intimité, tout ça on pourrait... Je préfère pour ma part , juste laisser l'évidence de ce travail faire son oeuvre, gratter, creuser, défricher, évider, dégorger notre regard et remettre à jour l'humanité qu'il nous reste j'espère.