ma petite actualité

mais combien de temps

dure vraiment l'actualité

aujourd'hui est un nouveau jour de plus

Juste vous dire la joie qui est la mienne, de voir ce texte, LA VIE À L'USAGE, être publié par les Éditions Lanskine, et la belle rencontre que cela suppose avec Catherine Tourné, que je remercie du fond du coeur

et si vous avez envie d'entendre un extrait de ce texte, filmé par Antonio Catarino, c'est ci-dessous : 

https://www.youtube.com/watch?v=7Za8p-AUWic

 

et puis une chose encore, j'aimerais profiter de cette fenêtre ''actualité'' pour remercier ici Sabine Huynh, pour le très bel article qu'elle a écrit sur mon travail : 

https://diacritik.com/2016/07/18/manuel-daull-mots-mis-bout-a-bout-en-eaux-durassiennes/

intervention extérieure, Maison Miron, Juillenay, 2001.

droits réservés : MD

Pendant longtemps ma vie d’alors me conduisait à faire régulièrement un trajet en voiture, m’amenant souvent à passer dans une zone déserte, le long d’une rivière, où une plantation de bouleaux avait été érigée dans les années soixante, en ces temps ou les meubles scandinaves étaient à la mode, et où certains ont cru s’enrichir de la vente de bois d’ameublement.

Là, au milieu des allées, deux caravanes avaient été installées, certainement en vue de week end à la campagne, puis abandonnées. Souvent en passant-là, une fiction me traversait l’esprit, née je pense de la notion d’abandon, et aussi de la rigueur avec laquelle ces caravanes étaient en place.

Dans un village du Morvan, on m’a invité à faire une proposition plastique dans le jardin d’un particulier. Sachant la population du village peu ouverte à la notion même d’étrangers, j’ai eu envie de réactiver ces fictions qui me traversaient le temps de mes trajets, et comme traces symboliques d’une installation, peut-être de gens du voyage, j’ai reporté dans l’herbe les contours de ces caravanes, en respectant leur orientation, et faisant en sorte qu’elles soient bien visibles depuis la route qui bordait la propriété de mon Hôte, espérant que ces traces de peinture blanche dans l’herbe, fassent peut-être naître à leur tour quelques fictions dans la tête des passants.